LE JARDIN DE MEMOIRE : Nathalie Batisse, jardinière ethnobotaniste

La flore locale et l'espace public : un mariage de raison

La flore locale et l'espace public :

 un mariage de raison

 

 

Un choix économique,

 

Les collectivités consacrent un budget croissant au fleurissement et la gestion des espaces verts. Valoriser les ressources végétales locales, par leur utilisation dans l'espace public, permet de limiter les achats de végétaux et la consommation d'eau.

 

Le fleurissement classique à base d'annuelles à massifs ou de jardinières nécessite des quantités d'eau et d'engrais importantes. En cas de restriction estivale, l'arrosage devient problématique. De plus en plus,  des collectivités montrent l'exemple en étudiant des modes d'aménagement des espaces verts plus économes en eau et en intrants. La flore « traditionnelle », sauvage ou cultivée, est adaptée au sol et au climat, son utilisation dans l'espace public s'avère judicieuse dans le cadre d'une gestion responsable de la ressource en eau, et… des deniers publics.

Valoriser le « vert patrimoine »

pour un espace public d'intérêt public

 

Un choix citoyen,

 

En lui réservant une place dans l'espace public, on participe à la conservation et à la connaissance d'un « patrimoine vivant ». Le privilégier contribue à freiner l'érosion de la biodiversité. Il donne une identité supplémentaire au bâti, par un accompagnement végétal cohérent du patrimoine architectural. On peut agir concrètement et maintenant, pour pouvoir dire :
"beaucoup parlent, nous faisons !"

 

Toutes les villes, tous les villages sont riches : leurs ruines, leurs friches et leurs vieux jardins cachent un monde de plantes oubliées, de vieux rosiers et de fleurs démodées. Tout comme le bâti, ces végétaux contiennent une part de l'âme des lieux qu'ils habitent, une part d'histoire. Donner une place dans la cité à ces « plantes compagnes » peut apporter une authenticité supplémentaire au bâti. Imaginez nos belles églises retrouvant les buis, les lys blancs, et la rose rouge de leur jeunesse, en lieu et place des trop banales jardinières. Ne comprendrions-nous pas l'architecture différemment en respirant les mêmes parfums que ses bâtisseurs ?

Si personne ne souhaite vivre dans un musée, la recherche d'une harmonie, d'un lien, entre le bâti et le végétal ne peut qu'ajouter à l'identité, à la qualité culturelle d'un territoire.  Cette recherche, à la fois modeste par son coût et ambitieuse par la qualité visée,  demande avant tout une bonne connaissance des hommes, du terroir et de l'histoire locale.  Elle ne peut s'appuyer que sur les gens de terrain : élus, agents territoriaux, mais d'abord et surtout sur les habitants. Ce sont eux qui peuvent ouvrir les grilles de leurs clos et de leurs jardins, pour permettre ce travail de recherche et de redécouverte de la longue histoire commune des hommes et des plantes.



N'en déplaise à Ronsard, la "robe de pourpre" de la rose de Provins garde toute sa fraîcheur et explose en couleur et senteur au mois de juin. C'est la rose rouge des enluminures, qui a retrouvé sa place devant l'église de Bongheat. Avec Rosa alba pour compagne, elle nous offre la belle association médiévale de "rosa rubra" et "rosa alba".




06/06/2006
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